Posté le Jeudi 31 Août 2017 à 18:17:58

Zhan Zhuang (la Posture de l’Arbre) est, à l’origine, l’entraînement de base des arts martiaux traditionnels de notre pays. Autrefois, sa transmission se faisait toujours par l’enseignement oral et sa mémorisation, et ce, au  sein d’un cercle fermé. A partir des années 20 de ce siècle, Wang Xiang Zhai, de la province du Hebei commença...

Zhan Zhuang (la Posture de l’Arbre) est, à l’origine, l’entraînement de base des arts martiaux traditionnels de notre pays. Autrefois, sa transmission se faisait toujours par l’enseignement oral et sa mémorisation, et ce, au  sein d’un cercle fermé.
A partir des années 20 de ce siècle, Wang Xiang Zhai, de la province du Hebei commença à l’enseigner publiquement et, par là même, contribua à son enrichissement dans la pratique, de telle sorte que le Zhan Zhuang évolua petit à petit vers une forme d’entraînement physique et curatif, très efficace au niveau thérapeutique. Le Zhan Zhuang transmis par Wang Xiang Zhai, basé sur le Xin-I Chuan, I Chuan et Da-Cheng Chuan et libéré de formes ou de règles préétablies, insiste surtout sur l’importance à accorder quant au fait de se diriger par le I, de faire usage de l’esprit, d’avoir une volonté unifiée, d’harmoniser le souffle et la force, de synchroniser les mouvements afin que forme, I, souffle et esprit puissent s’unir dans l’Un et que tous les éléments positifs puissent être activés en vue de donner un coup de poing. C’était un style nouveau. A l’époque, on considérait Wang Xiang-Zhai comme quelqu’un qui révolutionnait le Chuan-Xu (l’art de la boxe). La méthode d’entraînement du Da-Cheng Chuan consiste à faire du Zhan Zhuang, complété par le Zou-Bu (marche des pieds), le Shi-Li (l’essai de force), le Fa-Li (propulsion de la force), le Shi-Sheng (l’essai de son), le Tuei-Shou (poussée des mains) et le Shi Zhan (combat).
J’ai commencé à apprendre le Zhan Zhuang avec Maître Wang Xiang Zhai en 1944. Du fait que je n’ai utilisé qu’une partie des postures comme entraînement curatif du corps pour traiter des maladies chroniques, je l’ap- pelai « Zhan Zhuang Liao Fa » (traitement par Zhan Zhuang).
Au début, il faut trouver une position, la garder et rester immobile jusqu’à ce qu’on ne puisse plus continuer à le faire. Je suis petit à petit arrivé à comprendre que le mouvement, immobile vu de l’extérieur, a en réalité, un effet ex- traordinaire dans la transformation de la structure physiologique interne qui a son propre rythme.
Le sport en général et les Chuan-Xu chinois voient le mouvement dans le déplacement ; or le « Zhan Zhuang » du Da-Cheng Chuan considère que rester debout et immobile dans le même endroit est le mouvement. Donc ceux qui ne l’ont jamais pratiqué ont naturellement les doutes suivants :
- Rester immobile, vu de l’extérieur, est-ce un entraînement corporel ?
- Quelle sorte d’entraînement corporel est-ce ?
- Rester immobile, ne prendre aucun médicament, ni faire aucune injection, comment ceci peut être cura- tif pour les maladies ?
- Rester immobile, s’interdire d’utiliser la force, comment ceci peut-il augmenter notre force ?
Aujourd’hui la Posture de l’Arbre est non seulement un exercice de base pour la pratique des arts martiaux mais également un exercice présentant un intérêt médical. La caractéristique la plus importante du point de vue médical est son absence d’effets secondaires. Pour pratiquer la Posture de l’Arbre, il n’est pas nécessaire d’être dans un calme absolu, ni de réguler artificiellement la respiration. Il n’y a pas besoin non plus de rechercher la concentration dans le ‘Tantien’ (centre d’énergie du ventre) ni de maîtriser la Grande et la Petite Circulation Méridienne.

On peut la pratiquer dans un endroit avec du soleil et de l’air frais, à l’intérieur ou à l’extérieur, en prenant une posture correcte, en se tenant debout sans bouger comme une souche et en respirant de façon naturelle pour que le corps soit dans un état à la fois décontracté sans être mou, et tendu sans être raide. La durée d’exercice peut être contrôlée par le pratiquant et peut varier de cinq minutes à une heure. Tout le monde peut s’exercer selon sa condition physique, partout et à tout moment. La raison pour laquelle la pratique de la Posture de l’Arbre peut soigner une maladie et fortifier le corps est liée au fait qu’à travers cet exercice particulier, on renforce la capacité du corps de se protéger en améliorant la fonction de régulation du corps. Comme l’exercice demande aux quatre membres du corps de rester pliés à un certain niveau, il impose ainsi aux muscles soutenant cette ossature un état permanent d’étirement et de rétraction. Cet effet accélère par consé- quent la circulation du sang dont la quantité augmente considérablement grâce à la mobilisation du sang qui stagnait dans les organes. Parallèlement, les vaisseaux capillaires dans les muscles se dilatent, ce qui se traduit par des sensations de picotements dans les membres, des fourmillements sous la peau, de la transpiration avec de la chaleur dans le corps, etc…

LA POSTURE DE L’ARBRE

Le principe de la pratique de la Posture de l’Arbre ayant un objectif de santé consiste à se tenir de la façon suivante :
+ Les deux pieds sont écartés d’une largeur égale à celle des épaules.
+ Les deux genoux sont un peu fléchis.
+ Le corps est en position assise (pas nécessaire pour les gens ayant une condition physique relativement faible).
+ Les mains avec les paumes tournées soit vers l’intérieur soit vers l’extérieur se soulèvent tout doucement  comme si elles   serraient quelque chose dans les bras.
+ La hauteur des mains varie entre celle des sourcils et celle du nombril. La position horizontale varie de 30 cm en avant du corps à une position très près du ventre mais sans le toucher. Le réglage dans cette zone évite donc la pression sur les poumons ainsi qu’une respiration mauvaise induite par une position incorrecte des épaules et de la poitrine.
+ Le degré de flexion des jambes est réglé de manière à être supportable et sans trop de douleur pénible.
+ Les muscles des épaules, du dos et de la poitrine doivent être dans un état complètement libéré afin que la respiration puisse s’effectuer naturellement de sorte que la poitrine ait une sensation de détente, que la tête soit claire et le corps serein avec une répartition homogène de force.

La pratique de la Posture de l’Arbre consiste à tenir donc une position et la maintenir, apparemment sans bouger. C’est au travers de cette position fixe que l’on peut ressentir les changements à l’intérieur du corps ainsi que les sensations de courbatures et de picotements qui apparaissent dans les parties des épaules et des jambes. On peut diminuer cette réaction soit en baissant les bras soit en redressant les jambes ou carrément en se mettant debout pour se reposer un peu. Les débutants peuvent augmenter l’intensité de l’exercice en faisant 5 à 10 minutes par séance au début et puis au fur et à mesure passer à 20, 30, 40 minutes avec un maximum de 60 minutes par séance. Les réactions de courbature et de picotements plus ou moins importantes peuvent être ressenties pendant les 2 ou 3 premières semaines sur le dos, le genou, les jambes, les épaules et les articulations du corps et disparaissent au bout de 2 ou 3 semaines.

 

DIVERSES POSITIONS DE LA POSTURE DE L’ARBRE


On peut utiliser plusieurs sortes de position pour pratiquer la Posture de l’Arbre : allongé à plat, assis, debout et en marchant. Parmi ces diverses positions, la plus utilisée et la plus efficace est celle de la position debout à qui on a donné le nom de « Posture de l’Arbre ». La position debout est l’exercice de base à la fois pour les pratiquants de la Posture de l’Arbre et de Da-Cheng Chuan. Elle a deux objectifs principaux dont l’un est destiné à préserver la santé et l’autre à l’art du combat. La première utilisation de plusieurs positions debout consiste à répartir d’une façon homogène le poids du corps sur les jambes. L’intensité de l’exercice est réglée par la flexion des jambes et la hauteur des bras levés. Par conséquent, selon la condition physique de chaque pratiquant, le réglage est relativement facile à faire et les positions s’adaptent ainsi aux débutants.

La deuxième utilisation comme entraînement pour le combat est basée sur une position debout un peu penchée de manière que la répartition du poids du corps ne soit pas homogène. La proportion peut être à 40% sur le pied avant et à 60% sur le pied arrière au début et puis à 30% contre 70% avec de l’entraînement. Une exception : le Contre-pas où la répartition du poids est inversée. Comme la répartition du poids n’est pas équilibrée sur les deux jambes, cette pratique n’est pas tellement adaptée aux débutants.

 

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