les points clés de zhan zhuang
Posté le Jeudi 31 Août 2017 à 18:36:43

Il y a deux manières d’entrer dans l’étude de Zhan Zhuang. - Commencer par des positions hautes en utilisant tout de suite des images, c’est la méthode actuellement la plus répandue. - Travailler ans des postures très basses. Il est alors difficile d’utiliser des images car l’esprit est pris par la douleur. Dépasser cette sensation de...

Il y a deux manières d’entrer dans l’étude de Zhan Zhuang.

- Commencer par des positions hautes en utilisant tout de suite des images, c’est la méthode actuellement la plus répandue.
- Travailler ans des postures très basses. Il est alors difficile d’utiliser des images car l’esprit est pris par la douleur.
Dépasser cette sensation de douleur demande beaucoup de travail et de patience.
A l’époque de Wang Xian Zhai, les postures se faisaient dans des positions très basses, ce qui rendait la douleur intenable et donnait à beaucoup l’envie de fuir cette « torture ». C’est de cette façon que m’a enseigné Yu Yong Nian, mon professeur. Pour ne pas être tenté de soulager la douleur en se relevant, on peut au début utiliser une toise qui maintient à la même hauteur.
De toute façon, passé ¾ d’heure la douleur disparaît. Vérifier quand même le pouls qui ne doit pas dépasser cent cinquante pulsations/minute.
Il est conseillé de faire ce travail de base environ mille heure, soit à peu près trois ans.

POURQUOI UTILISER L’IMAGINATION ET PAS DE VRAIS SUPPORTS MATERIELS ?

En Zhan Zhuang, on utilise les informations fournies par le travail avec la matière (celui qui n’a jamais utilisé un élastique ne peut pas se servir de son image) mais pas la matière. En effet, si on utilise des objets, notre corps réagit en dépendance de ces matériaux et l’énergie n’est utilisée que dans une seule direction. Prisonnier de cette habitude, le système nerveux ne travaille que dans un seul sens. Par exemple, quand on se tient debout, un objet dans les bras, l’énergie s’exerce vers le haut mais ni à droite ni à gauche, ni en avant ni en arrière. Or idéalement en I Chuan, on doit utiliser le corps simultanément dans les
six directions.

Notre corps naturellement soumis à la gravitation n’est pas libre. Le I Chuan, par l’entraînement du système nerveux dans six directions, vise à briser cette dépendance. C’est en cela qu’il mérite l’appellation de boxe interne. Le combat est contre soi, contre notre condition. C’est une recherche de liberté, de libération des lois physiques qui régissent notre corps.

POURQUOI N’UTILISONS-NOUS PAS DE TECHNIQUES RESPIRATOIRES PARTICULIERES ?

En Zhan Zhuang, la respiration naturelle ne doit pas être manipulée. Il y a un schéma à respecter. Ce sont les facteurs physiques ou émotionnels qui déterminent un certain type de respiration et pas l’inverse. Selon que l’on court ou que l’on marche, la respiration ne sera pas la même. De même si l’on a peur ou si l’on est surpris, il y aura un changement dans le rythme de celle-ci.
Mais si on essaie de respirer doucement en courant vite, l’étouffement guette. Et on ne pourra pas provoquer une émotion par la respiration. La posture déterminera une certaine respiration. Toute manipulation créera un décalage dont les effets secondaires auront des répercussions néfastes sur le physique et sur le système nerveux. Par contre  par la posture, on peut influencer la respiration et contrôler ses émotions. Par exemple, en se tenant tête basse et dos rond, un sentiment de tristesse vous envahira alors qu’en se redressant, la poitrine écartée et la tête légèrement rejetée en arrière, un sentiment de gaité sera ressenti. L’attitude physique influence donc l’attitude spirituelle.

POURQUOI NE BOUGE-T-ON PAS ?

Zhan Zhuang, contrairement aux apparences, n’est pas une posture statique. Comme on essaie de bouger dans les six directions à la fois, on reste sur place mais on est alors rempli d’énergie. L’immobilité est en l’occurrence le résultat du maximum de mouvement.

 

L’IMAGE DES BALLONS

Peu à peu, on introduit des images, d’abord l’image de ballons en papier, donc fragiles. On évite ainsi d’utiliser trop de force et de contracter les épaules.

Penser que l’on tient un gros ballon devant la poitrine.

S’asseoir sur un autre ballon placé sous les fesses.Serrer un ballon entre les genoux.
Maintenir un ballon entre les genoux.
Et quatre petites balles entre les doigts de chaque main.
Le crâne pousse vers le haut et les talons sont légèrement soulevés pour retenir une fourmi dans l’écraser.

TRAVAIL DES SIX DIRECTIONS

Dans un second temps, pousser les genoux vers l’arrière et les ouvrir légèrement sur les côtés en fermant les fessiers au niveau du sacrum. Cette ouverture sur les côtés est compensée par un mouvement du bassin vers l’intérieur, la direction des genoux est ainsi maintenue parallèle. Le travail des genoux vers l’arrière, en gardant constant l’angle du bassin, entraîne un déséquilibre vers l’avant. Celui-ci est compensé par un recul du tronc vers l’arrière. L’ensemble de ces forces contradictoires donne une posture verticale. C’est aussi une première approche du travail dans les six directions : haut, bas, droite, gauche, avant, arrière.
Quant le corps est habitué à cette posture et que les douleurs ont disparu, on peut commencer le travail avec
des images animées.

Par exemple :

S’imaginer tenir cette posture avec les ballons, dans un rivière et sentir l’effet du courant. Toujours en position dans une rivière, maintenir sans la saisir une planche à la surface de l’eau. Varier la vitesse du courant ou sa direction et sentir des effets sur la planche imaginaire. Imaginer que les ballons se gonflent augmentant ainsi la pression sur les différentes parties du corps. On imagine inversement que les ballons se dégonflent.
Pour l’utilisation d’images animées, on commence l’éducation du système nerveux en coordination avec le système musculaire.

 

On entraine le système nerveux par lui-même en changeant d’images le plus rapidement possible. Cela permet de varier les ordres que le cerveau donne aux muscles qui, eux, apprennent à réagir différemment.

 

 

TRAVAIL AVEC DES ELASTIQUES

Ensuite, toujours avec la même position de base, on utilise des élastiques imaginaires.
Un élastique relie la nuque et les deux poignets.
D’autres relient les poignets et les chevilles, du même côté et en diagonale.
Par le mouvement d’une partie, le poignet par exemple, on cherche la répercussion sur les autres parties.
L’image doit créer une sensation. C’est un ordre que le cerveau donne aux muscles. La sensation est la réponse
que les muscles transmettent au cerveau.
Les mains, qui à elles seules occupent 1/3 des zones réflexes du cerveau, ont des sensations très fines. Mais
celles des pieds le sont moins. Or dans les arts martiaux, le plus important est le déplacement qui est lié aux
pieds.
Ce travail vise donc à développer la sensibilité et la conscience de chaque zone.
Petit à petit, on s’entraîne à ressentir simultanément des sensations en plusieurs endroits à la fois.
On se heurte alors à la difficulté de penser à plusieurs choses à la fois.
La persévérance permet de surmonter cette difficulté particulièrement grande chez les Occidentaux habitués à
penser de façon analytique et non globale.

TRAVAIL AVEC DES RESSORTS

Le I Chuan lui, nécessite un mode de penser à la fois analytique et global.
- Utilisation de l’image de ressorts.
Par l’image des élastiques, on a appris à tirer, avec l’image des ressorts, on travaille la poussée.
Pour cela, on imagine des ressorts :
- Entre les mains et entre les coudes,
- Entre les mains et la poitrine,
- Entre les coudes et les pieds.

On peut aussi utiliser l’image d’un caoutchouc très dense qui peut servir à la fois d’élastique et de ressort.
On s’efforce aussi d’effectuer des mouvements de plus en plus courts (1 ou 2 centimètres maximum).
Le travail avec les élastiques et les ressorts qui se fait d’abord entre chaque partie du corps (les exemples donnés ne sont pas limitatifs) se fait ensuite avec l’extérieur et dans l’intérieur du corps. Avec l’extérieur, on utilise tous les rapports qui figurent dans notre environnement pour y fixer élastiques et ressorts imaginaires.
A l’intérieur du corps, on peut les visualiser :
Entre les épaules,
Entre les omoplates et le bassin,
Entre le menton et le sacrum.

A un stade plus avancé, la combinaison de toutes ces images est recherchée.

 

 

MAO TONG

Mao Tong, c’est la lance et le bouclier, l’étude du paradoxe, de deux énergies opposées. C’est la posture martiale par excellence, la position de combat du I Chuan. C’est donc une posture plus difficile à réaliser que les précédentes.
Chaque partie du corps a un travail spécifique à faire et en plus, il faut créer des liaisons entre différentes parties du corps. Ces conditions remplies, on travaille le I, l’intention.

Description de l’action de chaque partie et de leur liaison

PIED AVANT : Le tirer vers l’arrière en griffant le sol. Soulever la pointe du pied sans le décoller du sol. Avec le
talon légèrement décollé, exercer une pression vers le bas. Imprimer une légère torsion du pied vers l’intérieur. Le poids tombe ainsi sur le gros orteil.

PIED ARRIERE : Supporte 70% du poids. De la racine des orteils jusqu’au cou-de-pied, pousser vers l’avant. Créer une sensation de ressort entre les deux pieds.

GENOU AVANT : Pousser vers l’avant en exerçant une légère torsion vers l’extérieur.

GENOU ARRIERE : Pousser vers l’arrière. Entre les deux genoux, sensation d’élastique.

HANCHE AVANT : Pousser vers l’avant.

HANCHE ARRIERE : Pousser vers l’arrière. Plier au maximum l’articulation des aines vers l’intérieur en s’asseyant derrière. Entre la hanche arrière et le genou avant tirer au maximum.
Le bas ventre pousse vers le bas.
Le dos et la colonne vertébrale tirent vers le haut.
Garder plexus et poitrine souples.
Ecarter entre les deux omoplates sans fermer la poitrine.
Les cordes vocales restent ouvertes.
La bouche est entrouverte pour laisser passer librement la respiration. Sensation de mordre un morceau de caoutchouc souple.
Le crâne et la nuque au niveau de la deuxième cervicale poussent vers l’arrière.
En même temps, le crâne pousse vers le haut.
Regarder le plus loin possible à la hauteur des yeux.

BRAS AVANT : Le poignet pousse vers l’avant en liaison élastique avec la nuque. Le coude et l’épaule s’écartent.

BRAS ARRIERE : Le coude et l’épaule poussent vers l’arrière et l’index vers l’avant. Sensation d’élastique entre le poignet et la nuque.

D’autres liaisons doivent être créées :

Entre le poignet avant et la cheville arrière. Sensation d’élastique ou de ressort.
Entre poignet arrière et cheville avant, même sensation.
Entre poignet avant et pied avant et entre poignet arrière et pied arrière, élastique.
Entre tête et cheville arrière, sensation de gros élastique.
Avec épaules et aisselles, on appuie vers le bas.
Si la posture est correcte, les cinq tendons de la nuque, du derrière des genoux et des dorsaux sont en tension et reliés entre eux.
Dans Mao Tong, la main avant figure un bouclier et le bras arrière une lance. Il faut développer la sensation de tenir ces deux armes. La principale image utilisée dans cette posture est celle de lions vous encerclant. A chaque fois que l’un de ceux-ci bondit, le repousser par une explosion interne. Celle-ci doit permettre à n’importe quelle partie du corps de devenir une armure sur laquelle l’animal rebondit. Bien sûr, pour toutes les postures, les indications sont forcément incomplètes, mais elles sont suffisantes pour une première approche. Toutefois, un oeil extérieur et des corrections régulières demeurent indispensables pour une pratique juste. En conclusion, citons une phrase de Wang Xian Zhai :
« Si vous voulez connaître les vrais principes de la boxe, il faut commencer par Zhan Zhuang ».
Ainsi toutes les actions du corps humain pourront passer sous le contrôle conscient du système nerveux.

 

 

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